Les additifs alimentaires sont parmi les substances les plus évaluées : pour être autorisés, ils passent le filtre de l’EFSA en Europe, de la FDA aux États-Unis, à travers des tests toxicologiques, des études de métabolisme, et des observations épidémiologiques.
Pour chaque additif, des seuils de DJA (Dose Journalière Admissible) sont fixés : par exemple, pour l’aspartame (E951), la DJA est de 40 mg/kg/jour dans l’UE ; pour les nitrites, de 0,07 mg/kg/jour. Selon les études nationales, la plupart des consommateurs restent très en dessous de ces limites (Source : ANSES, « Exposition de la population française aux additifs alimentaires », 2021).
Reste un nouveau défi : celui de l’effet cocktail. Que se passe-t-il lorsqu’on consomme, au fil de la journée, de petites doses de dizaines d’additifs différents ? Les synergies potentielles sont difficiles à évaluer. L’ANSES, dans son rapport de 2022, appelle à accélérer la recherche sur les expositions cumulées.
Autre point aveugle : le microbiote intestinal. Certaines études récentes suggèrent que certains émulsifiants (E466, E433) pourraient modifier la composition du microbiote chez la souris et favoriser l’inflammation (source : Chassaing et al., Nature, 2015). Les preuves directes chez l’humain restent à consolider.