Le cas de la vanilline : star de la chimie (et de la pâtisserie)
Chaque année, le monde consomme environ 20 000 tonnes de vanilline, mais moins de 1% proviennent directement des gousses – le reste est synthétisé à grande échelle (source : Le Monde, 2021). La molécule CHO, identifiée en 1858, possède la même structure, que ce soit celle issue de la vanille Bourbon de Madagascar (extraction parfois laborieuse) ou du procédé industriel exploitant la pâte de bois.
D’ailleurs, près de 85% de la vanilline de synthèse en Europe vient du "craft lignin", sous-produit de la papeterie (source : European Food Safety Authority).
Isoamyl acétate : la « banane chimique »
Cette molécule emblématique, que l’on trouve dans la banane, mais aussi dans le vin blanc, certains champignons et de nombreux produits industriels, offre au nez une odeur caractéristique de… banane. C’est elle que l’on isole ou synthétise pour parfumer bonbons, desserts lactés et boissons aromatisées. Pourtant, dans la banane mûre, isoamyl acétate n’est qu’une des plus de 250 molécules formant le bouquet global (source : Food Chemistry, 2011).
Des arômes de synthèse parfois plus « purs » que les extraits d’origine
Les extraits naturels sont des mélanges complexes ; à l’inverse, un arôme artificiel peut ne contenir qu’un ou deux composés majeurs. Ce qui peut paraître paradoxal, mais certains arômes naturels recèlent, derrière la vedette, des traces d’autres composés (voire d’allergènes) que la version synthétique, plus « sélective », ignore (source : Anses, rapport sur les additifs alimentaires).