Un colorant, c’est d’abord une molécule apte à absorber une partie de la lumière (visible ou non) et donc, à renvoyer la couleur que perçoit l’œil. Pas plus, pas moins… du moins tant qu’il nagouille dans un bain. Pour qu’il “prenne” sur le tissu, il faut autre chose : un “amour” plus ou moins fidèle entre le colorant et la fibre. Cette fidélité se nomme affinité : un mot de chimiste (et non de psy). Il n’y a pas de mariage sans affinité.
Les teinturiers distinguent deux grandes familles de substances :
- Les colorants, solubles (voire diffusibles), capables de pénétrer la fibre.
- Les pigments, insolubles, qui restent en surface et nécessitent un liant ou un liant chimique.
L’histoire du textile est, pour l’essentiel, dominée par la première catégorie. Mais que se passe-t-il, au juste, quand on plonge un fil de coton dans une cuve d’indigo ? Pour le comprendre, il faut regarder à l’échelle moléculaire : celle des forces de Van der Waals, des liaisons hydrogène, parfois – luxe suprême – de liaisons covalentes.