Aucun plastique du commerce n’est « pur ». Les polymères bruts manquent souvent de propriétés clés pour affronter la lumière, la chaleur, les chocs ou le temps. D’où l’adjonction d’additifs, sorte de « cuisine moléculaire » discrète mais essentielle.
Stabilisants et antioxydants
- Stabilisants UV : protègent contre la dégradation par la lumière, essentiels pour les plastiques d’extérieur.
- Antioxydants : empêchent le vieillissement dû à l’oxygène de l’air (par exemple, les phénylphénols ou les amines aromatiques substituées).
Selon l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), certains antioxydants comme les BHT (butylhydroxytoluène) ou BHA sont omniprésents dans emballages alimentaires et films plastiques — et font l’objet d’une surveillance, notamment en raison de certaines suspicions de perturbation endocrinienne (ECHA).
Plastifiants : la souplesse à tout prix
- Les phtalates : longtemps incontournables dans le PVC flexible, leur utilisation est devenue controversée (en particulier le DEHP, le DINP, et le DIDP), car ils peuvent migrer vers des aliments ou l’environnement.
- Adipates, trimellitates, citrates : de plus en plus utilisés en remplacement pour des usages sensibles (jouets, dispositifs médicaux, films alimentaires) (INERIS).
Pour l’anecdote : jusqu’à 60 % de la masse d’un plastique souple peut être constituée de plastifiants ! Un record qui en dit long sur l’importance de ces composés pour certains usages.
Colorants et pigments : la palette du chimiste
- Pigments inorganiques (oxydes de fer, dioxyde de titane, chromates, etc.) : souvent privilégiés pour leur stabilité et leur coût.
- Colorants organiques : sélectionnés pour des teintes vives et une plus grande transparence (notamment dans le PET des bouteilles de boisson colorées).
- Certains composés, à la toxicité établie (chromates, cadmium, plomb), sont aujourd’hui très largement bannis des plastiques « au contact des enfants »— mais persistent ailleurs, du fait de techniques d’application ou de réglementations moins strictes (Anaplastique).
Autres additifs clés : agents moussants, ignifugeants, antistatiques
- Agents moussants : substances qui libèrent des gaz à chaud pour former des mousses (polystyrène expansé, polyuréthanes…). Classicisme : le pentane, les agents azodicarboxamide.
- Antistatiques : pour éviter les dépôts de poussière (amines grasses, polyéthylène glycol…)
- Retardateurs de flamme (FR, souvent à base de composés bromés ou phosphorés) : omniprésents dans l’électronique, les mousses de mobilier, la construction. Les polybromodiphényléthers (PBDE) ont ainsi été largement critiqués, mais sont peu à peu remplacés (ANSES).
Le saviez-vous ? Certains jouets en mousse ou équipements électroniques peuvent contenir plusieurs centaines de composés chimiques distincts, même à doses infimes ! Les formulations évoluent en permanence pour répondre à des cahiers des charges complexes, alliant coûts, performance, esthétique… et réglementation.