Le recyclage mécanique traditionnel a ses limites : chaque cycle détériore les propriétés du matériau, sans parler du tri bien imparfait. C’est là que le recyclage “chimique” entre en lice : il s’agit de déconstruire le polymère en ses monomères d’origine, pour ensuite les re-polymériser quasiment à neuf.
Plusieurs méthodes, plus ou moins avancées, sont à l’étude ou en déploiement :
- Hydrolyse : coupure des liaisons par l’eau (sous haute température) ; utilisée notamment pour le PET
- Glycolyse ou alcoolyse : dépolymérisation en présence d’alcool ou d’un glycérol
- Dégradation enzymatique : enzymes capables de “digérer” le plastique et de reformer ses briques élémentaires
L’actualité regorge d’annonces sur des “super-enzymes” (Science, avril 2020) capables de dégrader le PET ou le PLA en quelques jours seulement. Mais transposer ces succès du tube à essai à l’échelle industrielle reste un défi complexe : durée, coût, collecte des matières et rendement énergétique jouent encore en défaveur de la généralisation.
Fermer la boucle : le fantasme du plastique infini ?
Le graal consistant à faire du “plastique circulaire”, recyclable à l’infini sans perte de qualité, n’est pas hors de portée : certains polymères, comme le PEF (polyéthylène furanoate, biosourcé), se prêtent à des dizaines de cycles de recyclage chimique (source : Carbios, 2023). Mais la compatibilité entre la performance du matériau, les coûts de retraitement et la structuration des filières de collecte sont autant d'obstacles. L’industrie s’affaire, mais les volumes transformés à ce jour restent une goutte… dans l’océan (de plastique).