Coton : la cellulose, polymère végétal d’une élégante simplicité
Le coton est constitué à plus de 95 % de cellulose, le polysaccharide végétal le plus abondant de la planète. Sa structure ? Un enchaînement linéaire de glucose lié en beta(1-4), formant une chaîne droite, longue, que les végétaux empilent en faisceaux résistants (source : Carbohydrate Polymers, 2018).
- Masse moléculaire : typiquement entre 200 000 et 2 000 000 g/mol selon l’origine.
- Structure : chaque chaîne de cellulose possède de nombreux groupes –OH (hydroxyles), aptes à former des ponts hydrogène avec l’eau ou entre fibres.
C’est cette géométrie généreuse en liaisons hydrogène qui donne au coton sa disposition à absorber l’eau — une serviette de bain en coton peut absorber jusqu'à 25 fois son poids en eau. Mais cette hydrophilie le rend également sensible au rétrécissement et au froissement.
Polyester : poly(éthylène téréphtalate), l’art du synthétique
Le polyester, roi du textile industriel, est synthétisé par polycondensation de deux monomères d’origine pétrolière :
- Acide téréphtalique (issu du pétrole)
- Éthylène glycol (issu du gaz naturel ou du pétrole)
Chaque unité du polymère se présente ainsi :
| Motif répétitif |
-O-CH-CH-O-CO-(anneau benzénique)-CO- |
Ce squelette, rigide et aromatique, ne possède pratiquement pas de groupe hydrophile à exposer à l’eau. Résultat : un tissu hydrophobe, infroissable, facile à teindre et à sécher — le matériau des sportifs et des lessives rapides !
Viscose : la “cellulose régénérée”, chimie d’entre-deux
La viscose débute son histoire dans la forêt, mais la continue en laboratoire. Son procédé, inventé à la fin du XIX siècle, consiste à :
- Dissoudre la cellulose du bois dans la soude.
- Traiter la pâte avec du disulfure de carbone pour obtenir la “xanthate de cellulose”.
- Refaire précipiter la cellulose, purifiée, dans un bain d’acide sulfurique — on régénère ainsi la fibre.
Pourquoi tant de peine ? Ce remodelage permet d’obtenir une fibre ultra-uniforme, brillante, souple, moins cassante que le coton. Mais, chimiquement, la viscose reste de la cellulose — même si sa masse moléculaire a fortement diminué (typiquement entre 40 000 et 300 000 g/mol, selon source : NCBI, 2014).