Les parfums naturels : le grand écart botanique
Pour qu’un parfum soit qualifié de naturel (au sens réglementaire européen, par exemple), ses composants doivent provenir exclusivement de sources naturelles, transformées par des procédés physiques (distillation, extraction au solvant, enfleurage) et non par synthèse chimique en laboratoire (Cosmeticobs). La rose ? À peu près 300 composés parfumés identifiés, dont la géraniol, le citronellol ou le phényléthanol. Mais une huile essentielle, en elle-même, oscille souvent entre 50 et 100 constituants.
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Les extraits naturels sont d’une incroyable complexité. Prendre l’essence de jasmin ? Plus de 900 molécules différentes détectées, dont certaines en quantités infimes et impossibles à isoler en laboratoire, rendant chaque récolte légèrement différente de la précédente (Britannica).
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Le spectre chimique d’une essence naturelle évolue selon l’espèce végétale, le climat, la maturité, la méthode d’extraction… C’est le règne de l’aléatoire, parfois source de magie, parfois de soucis qualité pour l’industriel.
Les parfums synthétiques : la chimie de précision
Le parfum de synthèse désigne tout composé olfactif obtenu par réaction chimique, à partir de matières premières minérales, végétales ou pétrochimiques, issues du catalogue croissant de la chimie organique moderne. La vanilline, isolée de la gousse de vanille en 1858 par Wilhelm Haarmann et Ferdinand Tiemann, fut la première “note synthétique” à révolutionner la parfumerie.
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Les molécules de synthèse rendent possible la reproduction exacte et en grandes quantités de certains composants présents à l’état de traces dans un produit naturel.
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Elles permettent de créer des senteurs inexistantes dans la nature : le célèbre Calone, qui évoque les embruns marins, n’existe pas dans le règne végétal.
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La concentration : alors qu’un extrait naturel peut contenir 200 composants, le parfum synthétique s’attache à un profil réduit, parfois à seulement une molécule qui porte la note principale.
Chimie oblige : une molécule reste une molécule. Recréer le citral naturel (présent dans la citronnelle) ou le citral synthétique (obtenu industriellement) revient à obtenir, au terme du processus, une molécule totalement identique – c’est ce qu’on appelle l’identité moléculaire. À l’analyse, un nez entraîné ne fait pas la différence. Le test spectral non plus.