Dans les laboratoires de synthèse organique comme dans les chaînes industrielles, pas de miracle sans solvants. Ils servent à tout : dissoudre, extraire, transporter, nettoyer, catalyser – et ils se glissent dans la fabrication de peintures, encres, détergents, médicaments, parfums ou encore batteries. Leur rôle est si fondamental qu’on estime que de 50 à 90 % du volume d’un procédé chimique industriel peut être constitué de solvant, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
Problème : l’immense majorité de ces composés vient du pétrole (acétones, toluène, hexane, dichlorométhane, etc.), ce qui pose doublement question à l’heure de l’urgence environnementale. D’abord parce qu’ils sont issus d’une ressource épuisable, ensuite parce que leur volatilité implique émissions de composés organiques volatils (COV), toxiques pour l’homme et son environnement. Près de 10 millions de tonnes de solvants pétrochimiques sont consommées chaque année en Europe, générant des impacts aussi directs qu’insidieux : pollution de l’air, de l’eau, risques sanitaires, contribution à l’effet de serre…