Parlons ici de “risque” et non d’alarmisme car la notion scientifique de risque résulte d’un rapport entre danger (toxicité intrinsèque d’une substance) et exposition (quantité absorbée, durée, fréquence).
Substances préoccupantes : quelques exemples phares
- Bisphénol A (BPA) : longtemps utilisé dans les plastiques alimentaires, reconnu comme perturbateur endocrinien. Remplacé en partie, mais pas systématiquement, et ses alternatives ne sont pas toujours exemptes de suspicion (ANSES).
- Phtalates : plastifiants courants dans PVC, jouets, emballages, suspectés d’effet sur la fertilité et le développement (EFSA).
- Parabènes : conservateurs de cosmétiques, particulièrement surveillés pour leur capacité à imiter les œstrogènes.
- Retardateurs de flamme bromés : présents dans certains meubles ou appareils électroniques. Accumulés dans les poussières domestiques, ils sont détectés dans l’organisme humain (Inserm).
Des substances réglementées ? Oui, en Europe et dans d’autres pays, leur usage est limité (voire interdit) dans de nombreux usages grand public, avec des seuils fixés selon les meilleures connaissances toxicologiques. Mais la vigilance ne doit pas faiblir ; le pointage d’effets nocifs à faibles doses (effet “cocktail”, fenêtres de vulnérabilité chez l’enfant, exposition chronique) suscite de nouveaux questionnements.
L’effet cocktail, ce trouble-fête méconnu
Un sujet récurrent dans la recherche actuelle : l’effet des mélanges de substances. Individuellement, le danger d’un allergène ou d’un perturbateur endocrinien peut être faible ou maîtrisé, mais qu’en est-il de leur association involontaire dans notre environnement ? Beaucoup de tests sont réalisés substance par substance, alors que notre organisme est confronté, au quotidien, à un mélange d’agents dont les interactions chimiques et biologiques restent largement à étudier (Sciences et Avenir).
Enfants, femmes enceintes : des populations plus sensibles
Du fait du développement de leurs organes ou d’une exposition proportionnellement plus importante rapportée à leur poids, les enfants et les fœtus présentent une sensibilité accrue à certains produits chimiques. L’OMS estime par exemple que 23% des décès infantiles mondiaux sont associés à des facteurs environnementaux, incluant les risques chimiques (OMS, 2017).