Les filtres organiques sont les véritables « piéges à photons » des formules solaires. Leur point commun ? Un squelette aromatique (cycles benzéniques, naphtalènes ou structures conjuguées), parfois agrémenté de groupes fonctionnels (carbonyles, esters, sulfates, amines) qui modifient leur spectre d’absorption.
Quelques molécules stars :
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Avobenzone (Butyl methoxydibenzoylmethane) : un système conjugué unique. Deux cycles benzéniques reliés par une fonction méthoxy et une cétone centrale. Ce dispositif absorbe puissamment les UVA longs (jusqu’à 400 nm).
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Oxybenzone (Benzophenone-3) : une benzophénone avec motifs carbonyles sur deux cycles aromatiques ; il piège principalement les UVB et une part des UVA courts.
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Octocrylène : ester de l’acide cyanoacrylique et du 2-éthylhexanol, conjugué par une chaîne allongée ; sa structure linéaire favorise l’absorption dans l’UVB, tout en stabilisant d’autres filtres moins robustes comme l’avobenzone.
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Mexoryl SX (Terephthalylidene dicamphor sulfonic acid) : complexe, cette molécule assemble deux cycles camphorés autour d’un noyau téphthalique (structure conjugée dense), lui permettant d’englober une large gamme d’UV, et d’être hydrosoluble (une rareté !).
Les exigences de ces molécules sont dignes de la haute couture :
- Résister à la lumière (photostabilité)
- Solubilité et compatibilité avec d’autres ingrédients
- Propre spectre d’absorption (idéalement couvrant UVA et UVB)
En moyenne, une crème solaire européenne utilise 3 à 7 filtres combinés (Source : ANSM, 2020) pour obtenir une protection équilibrée sur tout le spectre UV, chaque molécule ayant sa « cible » préférée.