Dernier détour, presque philosophique : la ruée sur les solvants verts ne doit pas occulter une question de fond. Un produit “issu de la biomasse”, mais cultivé au Brésil puis expédié en Europe, reste-t-il “vert” si son empreinte carbone explose en logistique ? De même, un solvant synthétique établi à partir du CO₂ industriel pourra-t-il être certifié 100% durabilité si le procédé consomme plus d’énergie fossile ?
La green chemistry n’est pas un blanc-seing, c’est un mouvement complexe, fait de compromis, d’innovation… et de vigilance : évaluer les cycles de vie, intégrer les réparations des “dommages collatéraux” potentiels, tout en améliorant la sécurité et la santé. C’est ce qui rend passionnante cette transition : la recherche progresse, mais la vigilance reste de mise, portée par une veille scientifique internationale constante (source : American Chemical Society, rapports ECHA).